L’ACCESSIBILITÉ
Le premier axe de travail consiste à améliorer l’accessibilité du texte. Les domaines concernés sont le lexique, la syntaxe, le calibrage des différentes unités (phrases, chapitres, livre) et la mise en forme.
La syntaxe :
- L’expression est concise et précise.
- Le déroulement de l’histoire est fluide et sans retour en arrière ou allusions avec un grand décalage entre les chapitres.
- L’absence d’incise ainsi que le faible éloignement entre le sujet et l’action atténuent les difficultés liées à la mémoire tampon.
- Seuls les temps du langage oral sont utilisés.
- Les relations logiques sont simples : le but, la cause, la conséquence.
- Les dialogues sont nombreux afin de dynamiser l’histoire.
La mise en forme :
- Le double espacement entre les mots permet d’éviter les erreurs de segmentation.
- La mise en page ne comporte aucune césure.
- La narration est différenciée des dialogues par un encrage différent.
- A intervalles réguliers (une fois par chapitre) une illustration originale permet de visualiser les scènes principales.
- Les polices de caractères utilisées permettent un déchiffrage aisé.
- La taille des caractères est légèrement grossie.
Le lexique :
- Les mots utilisés sont essentiellement courts, de trois syllabes en moyenne. En cas d’utilisation de mots longs ou complexes, une répétition volontaire permet une reconnaissance puis une mémorisation globale de ces mots
- Les mots réguliers sont préférés. En effet, vers l’âge de 11/12 ans, les difficultés sur la voie d’assemblage sont généralement redressées par la rééducation orthophonique. En revanche, il subsiste des difficultés sur la voie d’adressage. De cette manière, les enfants hésitent moins lorsqu’ils déchiffrent et comprennent plus facilement.
- Les noms propres, ont été choisis avec un critère de rareté (Baltimore, Dilys, Nadir) pour ne pas être confondus avec le héros lecteur. Qu’ils soient courts ou longs ces noms propres sont dotés d’une forte personnalité. Aussi, ils sont facilement déchiffrables phonologiquement et/ou reconnaissables globalement.
- Pour simplifier le récit, le nombre de personnages peut être diminué par rapport au texte original.
Le calibrage :
- La longueur des phrases est réduite. Elles comportent en moyenne entre 15 et 25 syllabes. Elles s’étendent, au plus, sur trois lignes.
- Chaque chapitre est constitué d’environ 1000 mots, ce qui correspond à vingt minutes de lecture pour un enfant. Ce découpage respecte une unité d’action ainsi qu’une progression narrative intéressante.
- Le livre est composé de 11 chapitres ce qui permet à l’enfant de passer le « cap psychologique » du livre de 100 pages lues. Il est alors facile de valoriser sa performance.
- Le format s’apparente à un livre de poche pour offrir la sensation de lire « un livre comme les autres ».
L’ATTRACTIVITÉ
Pour obtenir des livres attractifs, la méthode s’est appuyée sur deux axes : la nature du récit et la personnalisation.
La nature du récit :
- Le choix s’est porté sur des grands classiques de la littérature jeunesse. Des histoires ayant passionné plusieurs générations d’enfants ont prouvé leur pouvoir d’attraction sur ces derniers. Les grands classiques ont des qualités intemporelles et universelles. Quelquefois la réputation des récits classiques attise la curiosité du lecteur. L’adaptation de ces textes donne un accès au patrimoine culturel à des enfants qui, de par leur handicap, en sont privés.
- L’aventure. Le récit sélectionné doit permettre de sortir l’enfant de son contexte quotidien pour le plonger dans une aventure et la vivre pleinement. C’est par une succession d’actions inhabituelles que l’aventure prend forme. La sélection des textes tient compte de ce critère. L’adaptation privilégie les scènes d’action. Si besoin, des éléments de l’histoire sont remis au goût du jour. En effet un texte trop « démodé » perdrait en attractivité.
La personnalisation :
Pour que l’enfant découvre le texte, faut-il encore qu’il ouvre le livre avec curiosité et envie. C’est exactement le résultat obtenu lorsqu’un enfant découvre qu’il est le héros de l’histoire.
Pour que cette personnalisation soit diversifiée et le livre véritablement perçu comme unique, les champs de personnalisation sont de quatre ordres :
- le nom de l’enfant
- son prénom
- son âge
- le prénom ou surnom d’un adulte proche de l’enfant qui l’accompagne dans l’histoire (hormis ses parents)
Ainsi, tout au long de l’histoire le lecteur devient et demeure un des héros de l’aventure.
Afin que le héros-lecteur soit encore plus impliqué dans l’histoire, la première personne du singulier est fréquemment employée. Mais ce héros est aussi actif tout au long de l’histoire et il possède un rôle clé dans son dénouement. Il est également associé le plus souvent à toutes les actions des autres personnages (ex : « je suis d’accord avec toi » ; « nous »).